Une victoire collective…

17 février 2019

Hier soir, à Saint-Nazaire, le Paris volley a rendu une belle copie basée sur les valeurs de groupe, d’entraide en plus du talent individuel. En effet, le club de la capitale affrontait une des équipes considérées comme un véritable concurrent à la montée et cela sans son joueur offensif phare, Pepe Gonzalez, blessé au mollet. Et pourtant depuis le début de saison, l’argentin a pris sur ses épaules expérimentées une grosse part de responsabilités et avec efficacité tant les copies rendues ont été superbes, à l’exception-un tant soit peu- du match contre Saint-Jean D’Illac la semaine dernière.

La question était donc de savoir comment l’équipe allait se comporter et s’en sortir sans cet élément fondamental. Notamment car son remplaçant, le jeune Lucas Lilembo, formé au club, n’avait aucune expérience en compétitions de la Ligue B. Et le joueur qui évoluait il y a trois ans encore en pré-nationale a répondu présent et rempli les objectifs qui lui étaient proposés. Alors bien sûr, il n’allait pas lui être demandé de peser sur le résultat offensif comme Gonzalez mais sur l’ensemble du match, il a su rester une option utile et crédible pour le passeur Gigi Gjorgiev. Le jeune parisien finit la rencontre à 16 points, résultat individuel pas si élevé pour un pointu en 4 sets certes, mais à un ratio de +7 et surtout une efficacité de 59%. Contrat rempli donc malgré les quelques fautes directes que Dorian Rougeyron souhaite voir être gommées si son joueur est amené à jouer à nouveau dans la saison.

Mais la « stat » ahurissante est tout simplement le fait que les 5 joueurs autour du passeur, ont fini à 10 points ou plus. Du domaine de l’exceptionnel dans la répartition des ballons et surtout de l’efficacité. Car collectivement, le Paris Volley finit, comme son pointu d’un soir, à 59% à l’attaque. Autant dire tout de suite que le maître à jouer du club de la capitale, Gjorgi Gjorgiev, a été excellent. Déjà par sa qualité technique à l’image de cette passe en suspension jouée bien en dehors du poteau au poste 2 et envoyée avec une sortie de mains parfaite en 4, soit une douzaine de mètres. Mais aussi par ses choix, notamment en exploitant au mieux ses centraux, Lafitte et Kreek, qui finissent respectivement à 14 et 12 points à 62% et 73% d’efficacité. En sachant que le meilleur marqueur, et le joueur le plus fourni en ballons en l’absence du pointu argentin, a été Greg Petty (18 points).

Mais tout cela n’aurait pas été possible sans la prestation, à nouveau, superbe de Julien Lavagne. Comme face à Illac la semaine dernière mais avec plus de pression puisque Gonzalez ne pourrait jouer les pompiers de service, le biterrois d’origine a fait des prouesses dans tous les secteurs. Il ne finit « que » à 10 points mais son apport et son énergie ont été sans égal. Et, surtout et on en serait presque blasé tant c’est récurrent, avec une activité en défense incroyable. Lorsque le petit réceptionneur passe en poste 5 laissant le central défendre en 6, alors les attaquants en face doivent vraiment se demander s’il est judicieux d’aller frapper dans la zone… Si Saint-Nazaire met sur ses affiches le slogan « ensemble créons la vague », hier les fans du récep-attaque pouvaient scander le bon mot du manager parisien Julien Daniel : « ensemble crions Lavagne ».

Si on rajoute un Honma Ryuta qui a fait le dos rond sans jamais vraiment lâché alors qu’il était mis sous pression par les services adverses, alors cela fait bien cette victoire collective que l’on évoque ici.

Et pourtant, à nouveau, en face c’était une belle équipe du SNVBA qui s’est présentée. Et dans une salle bien remplie, le pointu Coloras (meilleur marqueur de la rencontre avec 24 unités au compteur) et ses partenaires ont poussé les parisiens dans leurs retranchements. Au moins en ce qui concerne le score puisque Paris gagne les deuxièmes et quatrièmes sets de cette victoire finale (3/1) sur la plus petite des marges à 26/24. Et notamment dans le deuxième acte où Saint-Nazaire a mené tout le set avant de laisser les parisiens s’engouffrer dans la brèche. Mais quand on joue une équipe comme celle du leader, il ne faut pas rater les occasions. Toutefois à 2/0 en faveur des visiteurs, Glenn Tuifua et les siens n’ont pas lâché et se sont emparés du 3ème set notamment à 21/20 sur une mésentente entre Gjorgiev et Petty.

Paris avait donc remporté le premier acte assez facilement devant notamment les errances en réception de leurs adversaires, et principalement Hunt, terminant à 25/16. Dans le quatrième set, les parisiens semblent s’envoler (16/11) mais à nouveau le SNVBA fait l’effort de la résistance et revient au contact. C’est alors que s’est exprimée toute l’agressivité et l’envie du collectif parisien qui, du joueur non concerné par l’attaque au bout du banc, se rassemblait comme un seul homme à grands coups de torses et de frappes dans les mains.

Le Paris volley fait une belle opération comptable et garde ses distances sur ses poursuivants, d’autant que Cambrai a un match difficile contre le Plessis-Robinson ce soir et jouera peut-être sans son leader, Yannick Bazin. Mais surtout, aujourd’hui et si tant est qu’il se questionnait sur la chose, Dorian Rougeyron sait que ses joueurs ont cette capacité de mobilisation malgré l’absence d’un élément essentiel.

La suite du programme pour les parisiens, c’est à nouveau du lourd le week-end prochain avec la venue de Martigues, dauphin depuis hier soir et en attendant le résultat de Cambrai donc. Le club de la périphérie marseillaise avait fait forte impression au coach parisien en pays martégal au match aller. Les parisiens l’emportant 3/1 mais avec une opposition de qualité en face. En tout cas, si certains en doutaient, Paris a montré hier que son équipe n’était pas qu’une somme d’individualités mais bien un groupe prêt à traverser les turbulences qui les attendent en cette fin de saison et notamment en playoffs.

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