Une place en finale pour Le Paris Volley…

24 avril 2019

Dimanche après-midi, au bout des trois rencontres pouvant opposer le Paris Volley à Saint-Jean-D’Illac, ce sont les parisiens qui se sont qualifiés pour la finale du championnat de ligue B.

Le quart de finale face à Avignon n’avait pas laissé place au doute. Et les deux rencontres avaient été expédiées par le club de la capitale.

La demi-finale, à nouveau au meilleur des trois matchs, s’annonçait bien plus délicate. Le match aller en Gironde était pressenti comme le plus compliqué de l’année (car notamment le premier sous réelle pression) et avait été remporté dans la difficulté par Paris au cinquième set et alors qu’Illac avait mené 2/1. 

 

Le match retour s’annonçait tout aussi compliqué pour Paris et, à la fois, la détermination d’Illac et son niveau de jeu en faisait un candidat à la victoire extrêmement crédible.

Samedi soir donc, les deux équipes se sont affrontées dans un match qui ressemblait enfin à ce qui se fait de mieux dans les playoffs à savoir, la combinaison savante de la qualité de jeu et la pression inhérente au moment clef de la saison. 

Même si Paris avait rempli une grosse partie du contrat en s’imposant en terre adverse, il était évident qu’on pouvait considérer Illac comme en capacité de remporter un match à Paris. Il n’y avait que les esprits chagrins ou les pseudo-connaisseurs pour ne pas s’en rendre compte. Dès lors, les parisiens abordaient ce deuxième opus de la série avec le couteau entre les dents et déterminés à faire comprendre aux abeilles illacaises que leur propre soif de victoire n’allait pas être assouvie sans combattre. Et c’est ce qu’il se passa. Le combat fut présent, fut rude. Les équipes se rendant coup pour coup. La débauche d’énergie était réelle. Illac notamment mettait une pression folle en défense sur les attaquants parisiens. Et la solidité en réception leur permettait de subir les excellentes phases parisiennes mais sans se désunir. 

D’ailleurs, c’est Paris qui menait deux sets à un cette fois ci. Et n’était donc plus qu’à un set de la qualification en finale.

Seulement voilà, Taghin, le pointu illacais, était dans un grand soir et, bien aidé par ses partenaires, allait garder Illac en vie et même mieux, prenait tout le monde sous sa grosse                                                           épaule, pour dominer le tie-break sans difficultés notamment avec un incroyable 92% collectif à l’attaque. 

Illac avait donc acté sur le terrain ce qu’ils avaient énoncé, et ainsi tout ce beau monde avait rendez-vous dès le lendemain pour le match d’appui.

 

La clef allait donc être en partie dans la capacité des organismes à digérer cette répétition immédiate des efforts mais aussi pour Illac de savoir s’ils seraient capables de maintenir ce niveau de jeu une deuxième fois (voire une troisième en comptant la belle prestation aller) de suite.

Car si l’on considérait le niveau intrinsèque de chaque joueur, le fait que Paris avait prouvé tout au long de la saison sa qualité entrainant sa domination sur la division et enfin le fait de recevoir à nouveau, les indices pouvaient laisser penser à un avantage parisien. Mais, en revanche, si les girondins étaient en mesure de reproduire la même qualité de jeu que la veille, alors le match serait à nouveau très équilibré.

 

Dimanche 17h, tout ce joli monde se retrouvait donc sur le taraflex de la salle Charpy.

L’échauffement laissait déjà apparaître que certains avaient moins bien récupéré que d’autres...

Cedic, côté illacais, semblait à nouveau bien en jambes et si son fameux poignet au service (à défaut de sa main) était tout aussi efficace que la veille, cela aurait à nouveau malmené la réception parisienne. 

Premier service du serbe et premier raté. Il s’approche du filet où Julien Lavagne, surmotivé comme jamais l’attend, et lui lâche un « je vois dans tes yeux que tu as peur de mon service »... Note pour l’avenir : ne pas brancher un adversaire qui a la faculté d’élever son niveau de jeu dans l’adversité... Lavagne allait dès lors faire du Lavagne, à savoir être intraitable sur les postes arrières et se muant en deuxième libéro, ramassait tout ce qui traînait. Le « problème » est que le zébulon parisien a bien d’autres qualités et notamment au contre et tout particulièrement sur l’entraide. Ce fait pour un ailier d’aider son central sans pour autant se découvrir sur son vis-à-vis direct. Et malgré sa petite taille dans le volley haut-niveau, Lavagne est le meilleur dans cet exercice. De par son jump et son explosivité mais surtout de par sa lecture des situations offensives adverses. Et il le prouvait à nouveau sur le match, notamment sur Cedic, ce qui rendait ivre d’un mélange de hargne et de joie le parisien.

En terme de qualités défensives, il est d’ailleurs à noter la performance du libero illacais aussi. Rija Rafidison fut excellent comme il l’avait été la veille et même au match aller. Solide en réception, il avait été incroyable en défense, semblant attirer la balle notamment sur les attaques de Pepe Gonzalez. Le plan de match d’Anisse Guechou sur l’artilleur argentin était au point probablement. La reine des abeilles évoquant après le match qu’il avait eu l’impression de dormir avec Gonzalez tellement il avait passé du temps sur lui en analyse de match ces quinze derniers jours.

Mais Anisse Guechou a été à bonne école en la matière. Et son enseignant s’appelait alors... Dorian Rougeyron. Et en matière de « dépistage » du jeu adverse, le coach parisien est un monstre. Quiconque a déjà suivi une séance vidéo avec lui, pourrait lui jeter des pierres au moment du match tant il aurait l’impression d’avoir été spolié. Un peu comme si on vous racontait déjà la fin de Games of Throne. Vous imaginez la frustration... Et donc dans la nuit de samedi à dimanche, le coach parisien a passé plus de temps derrière son écran que sur son oreiller. Et le lendemain matin, il briefait donc son passeur, Gigi Gjorgiev. Dès lors, le jeu mis en place et exécuté parfaitement par le maître à jouer macédonien du Paris Volley, allait se révéler extrêmement précieux et efficace. Les centraux adverses Cedic et Thésée étaient bien moins en réussite dans leurs prises de décisions que la veille.

Cela pouvant s’expliquer aussi par la différence de réussite au service. Là où la veille, les illacais avaient été efficaces, ce coup-ci la réussite n’était pas au rendez-vous, les girondins terminant le match avec 21 fautes directs au service en trois sets pour peu de mises en difficulté, notamment de Greg Petty bien concentré sur le secteur.

La rencontre s’était donc engagée sur un sens unique au profit des parisiens. Ils arrivaient ainsi dans les deux premières manches avec une avance notable au deuxième temps-mort technique (16/10, 16/12) et remportait sans trop de difficultés les deux premiers sets donc. 25/20 par deux fois

Mais s’il est une qualité (parmi tant d’autres) que l’on peut reconnaître aux illacais, c’est leur constance dans l’engagement. Même au pied du mur, ils n’ont pas lâché et le troisième set pouvait à nouveau plonger les parisiens, si ce n’est dans le doute, au moins dans le questionnement. Les abeilles vont même faire la course en tête jusque 16/15. Mais Paris était trop fort sur ce match. Et la fin du set allait clairement le démontrer sans qu’il n’y ait quoi que ce soit à redire. 21/18 puis 25/22, rencontre remportée par les locaux.

 

Paris aura donc souffert. Illac aura donc prouvé sa valeur et confirmé son (plus qu’) excellente saison. Mais au bout du compte, le volley est un sport qui se joue à 6 et à la fin c’est Paris qui gagne.

Enfin jusqu’ici...

Car maintenant les compteurs sont à nouveau remis à zéro.

Et une fois de plus tout reste à faire.

L’adversaire en finale s’appelle le Saint-Nazaire Volleyball Atlantique.

Et les deux victoires en saison régulière ne veulent plus rien dire. Comme pour  Illac.

Et Saint-Nazaire est sur une dynamique positive incroyable.

Comme pour Illac.

Et Saint-Nazaire s’appuie sur un pointu très très en verve actuellement.

Comme pour Illac.

Et le secteur arrière est solide lui aussi avec notamment le libero Romain Deveze et le recep-attaque Glenn Tuifua.

(À peu près) comme pour Illac...

 

Ces similitudes amènent à penser qu’une nouvelle fois, le combat va être âpre. Mais à ce jeu du quitte ou double que représentait la belle face à Illac, les parisiens en sont sortis certes victorieux mais surtout auront appris qu’ils pouvaient encaisser les coups en équipe et les rendre juste après.

 

Il semble donc qu’ils seront bien présents au rendez-vous ultime de cette saison qui se jouera à nouveau en deux (ou trois si nécessaire) actes et dont le premier volet aura lieu sur la côte atlantique (comme pour Illac décidément).

 

Les partenaires de Franck Lafitte seraient bien ravis d’en revenir avec une victoire, comme pour Illac.

 

Mais cette histoire là, il reste au Paris volley à la conter !

 

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