Tout ça pour ça…

26 avril 2019

27 matchs et seulement trois défaites et pourtant toute la saison du Paris volley va se jouer sur cette finale en deux (voire trois) actes qui débute demain à Saint-Nazaire.

A la fin de l’exercice 2017/2018, le Paris Volley s’est vu renvoyé en Ligue B en raison de difficultés financières. Le club est reparti sous la houlette du nouveau président Vladan Jelic et avec l’appui financier d’anciens du club comme Stéphane Antiga ou les Hoag père et fils, viscéralement attachés à leur club des grandes heures (multiples titres d’Antiga sous la direction de Glenn Hoag et dernier titre en 2016 pour Nick Hoag). Avec les fonds réinjectés et avec le plan d’apurement mis en place, le club s’est remis sur les rails. Toutefois, s’ils sont essentiels à la bonne tenue d’une structure sportive, l’administratif et le financier ne font pas tout. En toute logique, le terrain est un élément fondamental.

Le Paris Volley s’est donc fixé comme objectif de remonter directement en Ligue A. Mais la formule proposée par les instances est venue dès le début de saison compliquer ce projet. En effet, il a été décidé de n’effectuer qu’une seule montée de Ligue B vers la Ligue A. Certes, cela a été le cas la plupart du temps par le passé et il n’y aurait rien à dire sur ce point si effectivement, une seule montée de Ligue B venait compenser une seule descente de Ligue A.

En revanche, l’an dernier, la Ligue A passant de 12 à 14, il avait été mis en place deux montées depuis la Ligue B ou plus exactement, une montée assurée au premier de la saison régulière contre une descente de Ligue A (et ce fut l’AS Cannes qui décrocha le ticket alors que Toulouse était théoriquement relégué) et un autre sésame accordé au vainqueur des Playoffs de Ligue B auquel Cannes ne participait pas mais où avait été réintégré Rennes avant-dernier de Ligue A et pouvant donc sauver sa place dans l’élite en remportant ces playoffs et c’est ce qu’il advint. Toutefois, pour passer de 12 à 14, le jeu « normal » des chaises musicales ne pouvait suffire et ainsi Toulouse fut assuré du maintien et Narbonne, deuxième de Ligue B tout juste derrière Cannes, fut invité à revenir au plus haut niveau.

Paris était censé être en Ligue A (puisque 3ème du régulier et ½ finaliste) et cela faisait 14. Sauf que… le club de la capitale était sanctionné et renvoyé à l’échelon inférieur donc. Cela fait donc un championnat de Ligue A cette année à 13 clubs. Et le règlement voté (certes dans un premier temps avant que la rétrogradation de Paris ne soit actée) mais amendé en octobre (donc en connaissance de cause de la présence de seulement 13 équipes) donnait pour consigne : « la relégation en ligue B de l’équipe classée 14ème du championnat de Ligue A ». Dans un championnat où il y aurait donc… 13 clubs.... La boucle est bouclée, il n’y aura donc pas de descente de Ligue A, c’est acté dès le début du championnat et c’est une décision des instances. Un choix délibéré donc, appuyé par certains qui ne se priveront jamais de tirer à boulets rouges sur Paris. En résumé, cela convient donc tout bonnement à créer une ligue fermée (comme la NBA par exemple), sans descente, ce qui est très certainement contraire au droit européen.

Alors, quel est l’impact pour le Paris Volley ou les autres clubs de Ligue B qui eux aussi auraient eu tout intérêt à dénoncer ce qu’il se mettait en place ? Que personne ne descende de ligue A entraine, pour rester à 14 l’an prochain, le fait qu’il n’y ait qu’une seule montée. Alors que si, selon toute logique sportive, il y avait eu une descente, cela déclenchait l’ouverture de deux strapontins venant de Ligue B comme l’an dernier. Dès lors, le système aurait été le même (peut-on imaginer…) et donc le Paris Volley, largement premier de la saison régulière, serait déjà en Ligue A, sportivement, à ce jour.

Mais voilà, on ne pourra pas refaire l’histoire et la montée, le Paris Volley doit donc aller la chercher au bout de cette aventure des playoffs qui rebat toutes les cartes et c’est une formule qui a son charme même si elle recèle souvent des déconvenues par rapport à la régularité d’une année complète de compétition. Encore plus avec la formule qui donne le premier match à jouer sur le terrain du moins bien classé. Même en recevant deux fois de suite pour le retour et le match d’appui, le club le mieux classé se retrouve sous pression si d’aventure il perdait le premier acte. La logique sportive voudrait que le mieux classé reçoive le premier match puis se déplace pour le retour et éventuellement reçoive à nouveau pour le dernier opus. L’argument adossé à cette formule est le fait que cela fait déplacer potentiellement deux fois le moins bien classé. Quand l’économie a raison du sportif. D’ailleurs, en ligue A masculine, deux clubs moins bien classés se trouvent qualifiés pour les ½ finales après avoir remporté le premier match à la maison. Et en ligue A féminine, ce sont trois des quatre premiers de la saison régulière qui se retrouvent sous la gâchette après avoir perdu l’aller à l’extérieur.

Le décor est planté. La pièce peut se jouer. Quant aux comédiens, où en sont-ils ?

Saint-Nazaire est la grande interrogation de l’année. Perçu comme l’un des candidats plus que sérieux à la montée à l’intersaison et en tout cas ainsi auto-déclaré, tout au moins avant que le Paris Volley ne se retrouve dans les pattes des Nazairiens, le club atlantique aura perturbé tout son monde par une saison régulière des plus chaotiques. Pourtant elle aurait pu se lancer parfaitement puisque dauphin du leader parisien au soir de la 7ème journée, l’équipe dirigée par Gilles Gosselin aura ce jour-là, une balle de match en terre puciste. Sauvée par le Paris Volley, qui remportait alors la rencontre, la victoire nazairienne aurait peut-être insufflé une autre dynamique au SNVBA voire au Paris Volley et pourquoi pas à la saison en elle-même. Mais il n’en fut rien et si l’équipe de Dorian Rougeyron s’est envolée vers une domination sans partage, celle de Gosselin est devenue bancale. Pourtant les joueurs ont du talent ou tout au moins la connaissance parfaite du haut de tableau Ligue B. Lionel Coloras a démontré depuis quelques années qu’il était un pointu capable de mener une équipe de la division aux plus hautes places. Il a même déjà fait monter Saint-Nazaire il y a quelques années en Ligue A (qui redescendait financièrement peu après) mais n’était pas remercié de ses bons services et n’était pas conservé par Gosselin l’année suivante. Peu rancunier il faut croire puisque le pointu gaucher au jump conséquent y est revenu l’an dernier. Si Saint-Nazaire venait à monter, devrait-il à nouveau laisser la place, c’est à voir. Derrière le fer de lance de l’attaque, il y une grosse stabilité du secteur arrière avec Glenn Tuifua (qui peut par ailleurs faire la différence au service) et Romain Devèze, considéré comme le meilleur libéro de la division et dont l’avenir s’écrira probablement en ligue A l’an prochain quel que soit le résultat de cette finale. Et puis il y M. Physique, Steve Hunt. Le canadien surpuissant avait porté sur ses larges épaules l’an dernier le SNVBA. Et enfin, Gilles Gosselin est allé trouver une paire de centraux brésiliens de grande qualité et qui s’est trouvée renforcée par l’éclosion du jeune Roulleau. Mais malgré cette belle équipe sur le papier, Saint-Nazaire a lutté toute la saison, concédant 10 défaites et semblant parfois au bord de l’implosion. Quelles ont pu en être les raisons ? Difficile de le savoir mais on sait que les dynamiques humaines positives comme négatives ne peuvent parfois être enrayées.

En tout cas, le Snvba fut classé 6ème de la saison régulière, et  fut à quelques points d’être mené deux sets à rien par Martigues en quart dans leur gymnase coubertin mais un petit miracle sportif s’est produit comme il en existe parfois. Et Saint-nazaire s’est mis alors à marcher sur l’eau. Victoires 3/1 et 3/1 contre Martigues, victoires 3/0 et 3/1 en demi-finale contre Cambrai (pourtant solide dauphin du Paris volley), les partenaires de Coloras marchent sur ces playoffs. Sont-ils à même de maintenir ce niveau de jeu encore deux matchs afin de battre Paris, telle est la question.

Du côté parisien, après avoir appris à souffrir contre Saint-Jean-D’Illac en demi-finale, les parisiens se sont remis en ordre de marche. De l’efficacité offensive de Pepe Gonzalez à la solidité défensive de Julien Lavagne en passant par la maîtrise au filet d’Ardo Kreek, tous les ingrédients de la belle saison parisienne seront à coups sûrs à nouveau présents.

Le duel s’annonce dès lors très équilibré et par la même bien incertain. Après avoir tant et bien œuvré au cours la saison, le Paris volley se retrouve donc dans l’obligation de finir le travail. L’équipe de Dorian Rougeyron aura fait tout ça pour ça, mais le « ça », ce serait la montée en Ligue A et « ça » ce n’est pas rien…

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