Toulouse sur un nuage

19 mars 2017

Les Spacer’s l’ont emporté 3 sets à 1, à Charpy, (20-25, 23-25, 25-21 et 16-25 en 1h47) face au Paris Volley, pour la 20e journée de Ligue A masculine. La réussite était occitane, et c’est de la litote, face à des champions de France, sans Gergye, parfois amorphes.

C’est un sentiment mitigé qui irrigue cette 3e défaite consécutive parisienne à domicile : l’impression que, d’un côté, Toulouse a souvent joué sur un nuage avec des joueurs en état de grâce (Louati à la réception, par exemple), et des Parisiens branchés sur courant alternatif, parfois bons (au début du 1er set et au 3e) quelquefois totalement absents des débats et régulièrement en manque totale de sérénité en fin de set. La victoire toulousaine est logique, la défaite parisienne, même en l’absence de Roland Gergye, inquiétante à 2 journées de la fin de la saison régulière.   
Pourtant les hommes de Dorian Rougeyron avaient emmanché la rencontre par le bon bout avec un Kamil Baranek en feu (3-2). En face, Bram Van den Dries (VDD), le pointu toulousain, fait sentir au public de Charpy qu’il va passer une mauvaise soirée. Pourtant Thiago blocke le pointu belge, l’attaque de Louati est remontée et Franco conclut avant qu’une faute toulousaine ne permettent aux locaux de virer en tête au premier temps mort technique (8-4). Paris absent ? Oui lorsque les champions de France croient remporter un point, sur une feinte de Thiago, s’arrêtent quasiment interdits devant la corse de Rossard qui, en bout d’action, offre le point à VDD (9-7). Un rallye remet même Toulouse dans la course (9-9) mais Franco va réveiller ses coéquipiers par un énorme block sur Louati (11-9). Le Brésilien envoie la même carte postale au jeune attaquant haut-garonnais, lors du point suivant (14-10). Le Paris Volley vient de manger son pain blanc, là, à quelques encablures de la seconde pause technique. Les hommes de Dorian Rougeyron vont être débranchés par Toulouse qui va administrer un 9-1 aux locaux. Avec plaisir, VDD y met du sien (14-14) et sa série suivante va faire mal. Malgré des passes imprécises, Basic conclut un rallye, Brizard blocke Baranek, Franco touche la mire et VDD anesthésie les Parisiens avec un ace  (15-19). Aïe. Les Occitans gèrent le money-time. Une mauvaise relation Pinheiro-Holmes octroie 6 balles de set aux locaux après une pipe de Louati. Thiago retarde l’échéance avec une Ngapeth mais Louati siffle la fin de la manche initiale (20-25 en 27 minutes).

« Ne faites pas n’importe quoi et surtout ne perdez pas votre volley dès que vous êtes challengés ». Ces mots simples du coach parisien, à ses joueurs, à l’entame de la 2e manche font leur effet. Mais il faut avouer que c’est grâce aux fautes toulousaines que le Paris Volley a pris le score : Basic touche la mire avant une faute de fil sur une attaque de Kreek (3-2). Mais Holmes blocke VDD et Baranek transperce le contre adverse (5-4). Une défense exceptionnelle de Koga, contre les panneaux près des Fenix, permet aux locaux de garder leur avantage (7-6 puis 8-6). Les champions de France essaient bien d’emballer la rencontre, de montrer du caractère et plus d’agressivité pour se remettre dans le sens de la marche mais arrive toujours ce diable de VDD ou une fixation de Tammemaa (9-11). Franco et Baranek redonnent espoir aux locaux (14-12) qui continuent de mettre la pression sur Louati, blocké (17-14). Mais les joueurs de la capitale vont caler au plus mauvais moment. Ils laissent passer inexplicablement un point qui semblait leur tendre les bras (17-15). Ensuite, Thiago est blocké avant que Franco ne redonnent de l’air aux Parisiens (19-17). Mais les Parisiens vont perdre leur sérénité. 2 attaques puissantes de VDD permettent aux Spacer’s de recoller. Tammemaa, le central occitan, profite d’une réception de Koga qui revient directement dans ses mains, Franco est blocké alors que Louati lâche des parpaings au service (19-21) et frôle la perfection en réception. Basic donne 2 balles de set aux visiteurs. Une feinte de Franco permet de retarder l’échéance mais un block out de VDD donne le deuxième set à Toulouse (23-25 en 29 minutes).

2 sets 0 pour les Spacer’s, le score n’est pas illogique. Malgré de bonnes séquences, notamment en début de manche, les Parisiens ont trop manqué de sérénité pour prétendre remporter un set. Ce set, les champions de France le gagneront après la pause de 10 minutes. Thiago, Franco et un block sur Louati montrent la voie aux hommes de Dorian Rougeyron (4-2). L’avantage est conservé jusqu’au premier temps mort technique après une mine de Kamil Baranek (8-7). Les 2 formations restent roue dans roue. Franco répond à deux aces ahurissants de Louati (11-11), Thiago envoie une carte postale à Tammemaa et VDD profite d’une incroyable absence des Parisiens au filet (13-14), Baranek pousse le ballon dans les mains du block toulousain et, enfin, Franco fait le break (18-16). Paris entre dans le money-time avec un petit pécule (20-18). Mais cette fois-ci les locaux ne fléchissent pas : VDD est blocké par Ardo puis l’arbitre de ligne juge out un ballon toulousain que toute la salle a vu sur la ligne (24-21), mais cela compense … Kreek ne se fait pas prier pour conclure immédiatement d’un ace (25-21 en 28 minutes).

Le Paris Volley semble être revenu dans le coup … mais le 4e set sera un calvaire. Les coéquipiers d’Antoine Brizard prennent rapidement le score sur une attaque de Basic (1-3) et un rallye conclu par VDD (4-6). Paris s’accroche grâce à 2 aces de Baranek (9-9). Kreek rabat acrobatiquement un ballon trop en arrière (13-12) mais c’est le champ du signe. Van den Dries assomme les Parisiens par 3 aces consécutifs (13-18) ! Les champions de France ne s’en remettront pas. Quelque chose s’est cassé dans les têtes. Toulouse gère son avance avec Brizard qui sert prioritairement VDD (il aurait bien tort de ne pas le faire) et le pointu belge qui passe tout (15-21). Cela s’appelle l’état de grâce.  Franco envoie son smash dans les panneaux pour offrir 8 balles de match aux joueurs de langue d’Oc. Une seule suffit : Brizard abrège les souffrances des joueurs de langue d’Oïl, et celles des supporters qui ont eu parfois envie que ça s’arrête. Le passeur termine donc le match par un ace. (16-25 en 23 minutes)
Le Paris Volley devra régler son manque de sérénité avant de recevoir Nice, mardi soir à Charpy. La salle parisienne accueillera ainsi le dernier match de la saison régulière. L’occasion de vaincre le signe indien et les 3 défaites consécutives dans la salle de l’avenue Pierre de Coubertin. Vite, les playoffs arrivent.

Le match en chiffres
33 : les points de Bram Van den Dries, le pointu toulousain est le meilleur marqueur du match. Une statistique impressionnante avec ses 65% de réussite en attaque.
19 : les points de Kamil Baranek, meilleur marqueur parisien (53% de réussite). Il devance Franco (17 points avec 43% de réussite).
7 : les blocks parisiens (5 pour Toulouse).

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