Répétition générale…

11 mars 2019

Ce week-end, la salle Charpy a revêtu ses habits de lumière comme elle le fait notamment pour les play-offs. Les amoureux du volley, les supporters parisiens ainsi que ceux du club visiteur venus en nombre ont rendu cette soirée bien animée dans l’antre du Paris Volley.

Le club visiteur, c’était donc Cambrai. Solide deuxième du classement derrière Paris, il a confirmé ses dispositions à pouvoir s’opposer aux velléités annoncées des parisiens à ne passer qu’une seule année en Ligue B après la rétrogradation administrative frappant l’équipe de la capitale l’été dernier. Et les nordistes ont effectivement eu un beau soutien avec une travée de supporters du Cambrésis qui s’est fait entendre et a poussé les siens avec ferveur. Avec la présence en nombre des Fénix parisiens et des connaisseurs qui savaient que cette rencontre serait passionnante, Charpy a donc fait le plein pour assister en chantant dans les deux camps, au finale (ce moment terminal d’un opéra), à la victoire de ses favoris, 3 sets à 1.

On savait que le dauphin du Paris volley avait des qualités à revendre notamment au service et les partenaires de Yannick Bazin ont cherché à confirmer cela. Mais contrairement au match aller, où ils avaient planté 2O aces (pour 16 fautes), ils n’en ont commis « que » 7 cette fois-ci. Surtout, ils ont réalisé 22 fautes derrière la ligne des 9 mètres. Certes, nombreuses d’entre elles ont terminé quelques centimètres hors des limites, ce qui aurait pu rendre les choses bien différentes en cas de réussite, mais cela aura du coup facilité la tâche des parisiens pour remporter la rencontre et notamment le premier set pourtant sacrément serré puisque se terminant sur le score 33/31. Bazin, lui, aura bien répondu présent dans l’exercice avec deux aces mais surtout peu de fautes et donc une constante pression sur la réception parisienne. Mais Homma Ryuta, Julien Lavagne et Greg Petty ont opposé une réception de qualité. C’est d’ailleurs par le service que les parisiens menés de 3 points dans ce premier set vont revenir. Pourtant, au total, ils auront commis 22 fautes pour seulement 4 services gagnants. Mais la rentrée efficace de Danny Poda va permettre, grâce à ses mises en jeu, de recoller. Toutefois sur la fin, Cambrai aura l’occasion de se mettre en poche cette première manche mais justement les fautes au service vont se succéder (des deux côtés d’ailleurs) rendant la fin de premier set très hachée mais basculant au bout du suspens côté parisien donc. Celui qui aura aussi permis cela, c’est le pointu parisien Pepe Gonzalez. De retour après trois semaines d’absence pour cause de mollet touché (désolé Dom) l’argentin aura remis directement les choses au clair. 11 points dans le premier set (71% d’efficacité à l’attaque) alors qu’il ne reçoit sa première balle qu’à la mi-set, Gjorgi Gjorgiev ayant construit le début de match autour notamment de Greg Petty. Pepe finira la rencontre sur un nouveau total sans équivoque, 31 points en 4 sets…

Dans le deuxième acte, Cambrai et son puissant pointu Romac, vont faire la course en tête de bout en bout avec une belle répartition offensive puisque tous les joueurs vont scorer entre 3 et 6 points sur ce set. A noter la jolie prestation du jeune central Teuira-Hioe qui avait pourtant déjà réalisé 4 sets dans la levée de rideau qui opposait les centres de formations des deux clubs et remportée par les jeunes du Paris Volley. L’absence du très bon central Isaak aurait pu se faire sentir mais les 12 points de l’aspirant sont venus contredire cette idée. Cambrai remporte donc la manche 25/20.

Après la pause des 10 minutes, les nordistes semblent vouloir confirmer leurs bonnes dispositions et mènent 8/4 mais les efforts défensifs de Lavagne combinés à ceux offensifs de Gonzalez permettent au Paris Volley de revenir puis de repasser devant au second temps-mort technique avant de conclure 25/21.

Les parisiens semblent alors sur des rails mais l’opposition reste vive. Demar en pipe et la stabilité sur smashé du libéro Groenveld permettent à Cambrai de rester au contact. Toutefois, le libéro nordiste va commencer à présenter quelques signes de faiblesse et notamment sur service flottant. Gonzalez à 8 points dans ce set, aidé de Petty (3 points) et Ryuta dans les tâches défensives qui lui sont demandées, vont tirer la locomotive du championnat vers la victoire. 25/22 dans ce dernier acte.

Cette réussite parisienne du soir confère donc aux locaux le net avantage de 10 points d’avance au classement de Ligue B et ce, alors qu’il ne reste que deux journées à jouer en phase régulière. Le Paris Volley a donc assuré la prise du strapontin numéro un avant les play-offs, ce qui lui conférera le droit de recevoir sur les matchs retours et d’appui éventuels. Le premier contrat des joueurs de Dorian Rougeyron est donc rempli mais il est su depuis le début de l’année que le seul qui ne soit important, c’est celui qui impose aux parisiens la remontée en Ligue A. Or si l’an dernier, l’AS Cannes avait été récompensée de sa première place en saison régulière par la montée (les play-offs permettant à leur vainqueur de monter lui aussi ou de sauver sa place en ligue A pour l’avant-dernier de la première division et ce qu’aura fait Rennes), cette année, ce parcours quasi parfait des parisiens ne leur assure pas le retour en Ligue A. En effet, cette dernière étant à 13 clubs cette saison, les dits-clubs ont voté « étonnamment » pour le fait qu’il n’y ait qu’un accessit. Et donc aucune descente de Ligue A, le championnat 2019-2020 devant se jouer à 14 clubs. D’aucuns auraient pu faire valoir que cela en faisait une ligue fermée contraire au droit européen mais le règlement prévoit que « le club classé 14ème de Ligue A se verra rétrograder sportivement ». A 13 clubs, on ne doit pas être trop stressé sur le fait de finir 14ème

Le Paris Volley sait donc ce qu’il l’attend. De manière immédiate, c’est le déplacement à Saint-Quentin puis la réception de Nancy. Puis ces play-offs où toutes les cartes sont rebattues et où le droit à l’erreur sera extrêmement faible. Paris évitera en quart et potentiellement en demie en cas de victoire, les deux équipes l’ayant tenu en échec cette saison, à savoir Martigues et Cambrai justement. Et si les parisiens atteignaient la finale alors, comme le souhaitaient les fervents supporters nordistes à la fin du match, cela pourrait bien être comme cette belle équipe du Cambrai Volley.

Et si le sport peut avoir des aspects théâtraux par sa dramaturgie souvent présentée, il ne sera plus alors question de répétition générale mais bien de dénouement au paroxysme de l’intrigue…

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