Paris, à cœur perdu

13 mars 2018

Le Paris Volley s’est incliné 3 sets à 1 contre Ajaccio (25-22, 19-25, 23-25 et 27-29 en 2h04) au terme d’une rencontre intense pour le replay de la 16e journée de Ligue A masculine. Une défaite frustrante.

Le Paris Volley a perdu pour la deuxième fois de la saison dans sa salle Charpy face à une équipe d’Ajaccio conquérante qui a montré un tout autre visage que lors de sa défaite début février. Ce visage porte un nom : Jose Luis Gonzalez. Depuis que son pointu argentin est revenu aux affaires, le GFCA a remis les gaz.
Et cela s’est vu dès l’entame de la rencontre. Côté ajaccien, les acteurs bien en place : Jose-Luis Gonzalez fait admirer la puissance de son bras gauche, bien secondé par Miranda à l’autre bout de ligne et Jean-François Exiga en sentinelle défensive. Le meneur visiteur Toafa Takaniko passe par le centre avec Dailey (7-8). Côté parisien, pe passeur Nuno Pinheiro passe par le centre où Ardo Kreek et Mitch Stahl pilonnent la défense (10-10). Sur une série de Gergye au service, Wouter Ter Maat et Stahl créent une première brèche au score pour les locaux (12-10) avant que Kreek n’accentue l’avance des locaux sur un ace notamment (19-15). Grâce à leur pilonnage à l’engagement, les joueurs de la capitale se sont mis dans les meilleures dispositions dans le money time. Ils gèrent ensuite calmement la fin du set malgré la défense toujours impressionnante des Gaziers. A deux doigts de se gêner avec Gergye en bout de ligne, Ter Maat offre 3 balles de set aux locaux après un long échange. La première est sauvée par un block-out des Parisiens sur une attaque de Gonzalez mais Ter Maat trouve les mains du contre ajaccien à la seconde occasion (25-22 en 29 minutes).
Dans la deuxième manche, malgré une bonne entame le Paris Volley n’existe pas. En bout de ligne, c’est au tour de Gonzalez de mettre au supplice les hommes de Dorian Rougeyron, et ce n’est qu’un début. Le GFCA se détache d’abord après un block sur Ter Maat puis un ace de Lacassie (2-4) avant une série interminable de Miranda et un block corse infranchissable (5-12). Les services parisiens ne passant plus, les coéquipiers de Nuno Pinheiro ne peuvent recoller au score et assistent en spectateur au cavalier seul du GFCA grâce à un Gonzalez implacable (10-17 puis 14-21). Le block défense des visiteurs offre 9 balles de set à Ajaccio après avoir ralenti Ter Maat puis contré Lavagne (15-24). Au deuxième essai, un ballon malicieusement poussé par Lacassie dans les mains de Lavagne permet aux Gaziers d’égaliser (16-25 en 25 minutes).
Après 10 minutes de pause, les Parisiens démarrent le 3e set en trombe (4-1) mais Gonzalez remet la formation de la cité impériale sur les bons rails et permet même au GFCA de virer en tête au premier temps mort technique (7-8). Paris et Ajaccio restent roue dans roue. Une carte postale de Stahl répond à un block sur Ter Maat (10-10). A la suite d’un énorme contre de Julien Lavagne sur Gonzalez et d’une première main de Pinheiro, les joueurs de la capitale prennent une légère avance (15-12). Les Gaziers recollent immédiatement après deux nouveaux blocks sur Ter Maat (15-15) alors que la tension monte et le jeu s’élève d’un cran à l’approche du money time. Une diagonale gagnante et un ace de Gergye permettent aux locaux de prendre le score (21-20) mais la fin du set sera corse. Miranda enchaîne bien, le meneur parisien Nuno Pinheiro fait une faute de mains et Julien Lavagne se voit contré : en 3 points, les Gaziers renverse la situation pour le plus grand bonheur de ses supporters et de son banc qui exultent sur ce dernier block (22-24). Les hommes de Ferrandez tiennent le bon bout et ne lâchent pas le set qui leur tend les bras. Si une première main de Pinheiro retarde l’échéance (23-24), Miranda offre la 3e manche aux visiteurs d’une belle diagonale (23-25 en 32 minutes).
Les Parisiens ne se laissent pas abattre par la perte d’un 3e set intense et prennent rapidement le score dans le sillage d’un Stahl toujours solide au centre et d’un Pavel Kuklinski dynamique et d’un Gergye virevoltant (5-3). Toutefois, le réceptionneur-attaquant hongrois doit quitter ses coéquipiers avant la pause technique à la suite d’une contracture au mollet droit ressenti dans la manche précédente. Au cœur de cette 4e manche, le rythme baisse d’un ton, les fautes se multiplient, le jeu devient parfois peu académique et brouillon sans doute à cause d’un creux physique des joueurs. Si la Paris Volley a pris de l’avance grâce à Stahl et un ace de Ter Maat (11- 8 puis 16-13), Ajaccio s’en remet au bras gauche de son fabuleux pointu argentin pour recoller (20-19). Commence alors un money time intense et brûlant. Il débute par un rallye flamboyant des Corses toujours habiles et impressionnants en défense (21-20). Etait-ce un signe, le Paris Volley aura souvent baissé pavillon sur ces rallyes face à la détermination des Gaziers. L’excitation monte d’un cran sur le Teraflex et dans les tribunes lorsque l’ancien parisien Ludovic Castard égalise (22-22). Pas toujours bien inspirées, les décisions arbitrales participent à cette hausse de température. Les hommes de Frédéric Ferrandez sentent bien qu’ils doivent plier le match au terme de cette 4e manche pour ne pas être embarqués dans un hypothétique tie-break, deux jours après leur victoire sur Rennes.
Ter Maat prend les choses en main et offre une première balle de set aux Parisiens après une attaque très très haute (24-23). Les Corses égalisent miraculeusement grâce à leur énorme défense et une double attaque de Castard. Pinheiro utilise Stahl au centre pour la deuxième balle de set (25-24) annulée par une action identique corse (Takaniko-Dailey). Ter Maat trouve les mains du block adverse au terme d’un des rares rallyes remportés par les locaux (26-25 pour la 3e balle de set) mais le service suivant de Kuklinski meurt sur la bande blanche du filet. Ter Maat trouve miraculeusement la ligne pour la 4e (et dernière) chance de plier le set. Radic égalise en trouvant les mains du block parisien. Avec un score de 27-27, les spectateurs doivent avoir le cœur bien accroché malgré un spectacle splendide et frénétique. Le meneur ajaccien Takaniko entre alors en scène pour un ace assassin (26-27). Aïe. On sent que les mouches ont changé d’âne. Impression validée par Gonzalez qui plie le match pour le GFCA après un rallye énorme et une défense encore extraordinaire des coéquipiers de Jeff Exiga.
La défaite parisienne fait mal et paraît injuste au vu du cœur mis à l’ouvrage. Un échec amer et frustrant pour le coach parisien Dorian Rougeyron, très en colère à l’issu du match, qui garde ce replay en travers la gorge : « On nous a obligé à rejouer cette rencontre pour une erreur d’arbitrage alors que nous n’y sommes pour rien. En plus, Ajaccio a joué avec deux joueurs absents lors du premier match. Ils avaient tout à gagner et nous tout à perdre et c’est ce qu’il s’est passé. C’est absurde et injuste.» Heureusement, le groupe vit plutôt bien cette très mauvaise période sportive et administrative sans scission au sein du groupe comme l’a souligné un joueur de la capitale.
Côté ajaccien, la joie est immense : Le GFAC « gagne la séance de rattrapage » titre e quotidien Corse-Matin ce samedi et « valide ainsi son ticket pour la phase finale ». Pour rappel, cette semaine le président parisien Michel Rougeyron a porté réclamation sur la décision de faire rejouer ce match contre Ajaccio et de valider la victoire initiale. La décision est attendue la semaine prochaine.


LE MATCH EN CHIFFRES
26 : les points du pointu corse Jose Luis Gonzalez, le meilleur marqueur du match (52% de réussite en attaque et +17 d’évaluation). L’Argentin devance Wouter Ter Maat auteur de 18 points (34% de réussite et +7) et Roland Gergye (11 points).
8 : les aces parisiens, dont 3 pour Gergye, et les blocks des joueurs de la capitale.

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