Le Paris volley apprend à souffrir !

19 novembre 2018

Si trop d’observateurs plus ou moins éclairés parlaient encore, au dernier cocktail d’après match salle Charpy, que le Paris volley pouvait chercher à passer l’entière saison en gagnant chaque match 3/0, ils devront revoir leur copie ce soir.

En effet, les parisiens en terre Aquitaine, ont lâché leurs deux premiers sets de la saison
et peuvent même s’estimer soulagés de ne pas repartir avec leur première défaite.
Il faut mettre au crédit de leur adversaire du soir d’avoir livré une copie extrêmement
propre. C’est d’ailleurs ce qu’Anisse Guechou, le coach illacais, mettait en évidence : « Je
suis satisfait de la qualité de jeu produite et même du scénario car même s'il y a un peu
de frustration étant donné que nous sommes à quelques centimètres d’une incroyable
victoire, nous prenons 1 point contre l’ogre parisien et ça c’est positif ... »
Mais c’est aussi ce qui fait la force des grandes équipes, savoir faire le dos rond, ne pas
laisser le stress vous envahir, encaisser les coups, et au moment opportun, revenir en
pleine lumière. Paris est une grande équipe.
Les parisiens l’auront donc fait à l’image de leur pointu, Pepe Gonzalez, auteur d’un
début de match plus que délicat mais décisif dans le retournement de situation opéré
dans les 4eme et 5eme sets. L’argentin finit même au delà des 30 points (32 et ratio
+24).

A 18h, les abeilles, et leurs supporters qui ont répondu présents en nombre, sont prêts à
en découdre. Et le début de match semble indiquer que la partie sera équilibrée. En
effet, les passeurs jouent juste de chaque côté, et les forces se neutralisent. Toutefois,
Adrien Taghin, le pointu girondin, qui a probablement rendu sa meilleure copie à
l’attaque, prend le dessus sur son vis-à-vis avec notamment cette série de petites
diagonales aux 3m malgré un bloc à 3 du côté parisien. Danny Poda, irréprochable
depuis le début de saison, connaît alors quelques difficultés dans le jeu. C’est ainsi que
se font les débuts de Greg Petty (rentré seulement au service depuis le début de saison)
au Paris volley. L’américain aura donc attendu 13 mois après sa grave blessure au genou,
à Paris justement, sur le 1er match de la saison précédente alors qu’il devait évoluer
avec Rennes. Encore manquant de rythme mais de mieux en mieux, le natif de la région
de Chicago, sera forcément important dans la rotation parisienne pour le reste de la
saison.
Les illacais font dès lors la course en tête et malgré le retour du Paris volley sur la fin du
set, ce dernier se termine sur le score de 25/23. Avantage maison.

Dans le 2eme set, sous l’impulsion de l’excellente relation Gjorgiev / Kreek, les parisiens
sont devant tout le set. Le libero parisien David Chaudet (en l’absence du japonais Ryuta
toujours retenu au Japon pour son visa) multiplie les excellentes réceptions et exploits
en défense. Le jeune français livrera, et jusqu’à la fin du match, une prestation de haut
vol. Il ne ratera, finalement, que deux réceptions pour un seul ace alors qu’il aura été la
cible (31 réceptions soit un total énorme pour un libero souvent évité au contraire) des
serveurs de l’ASI. Si tel était le plan de match d’Anisse Guechou, et comme l’avait
pressenti son homologue parisien, Dorian Rougeyron, alors ce plan aura bien échoué
grâce aux qualités et à l’enthousiasme de “La Chaudasse”.
25/18 pour Paris. 1 set partout, balle au centre.
Toutefois, les parisiens ne sont pas encore relâchés et un incident va ternir ce retour à
un set égalité. En effet, Julien Lavagne, le stabilisateur parisien, se blesse à la toute fin
du set. Il ne repartira d’ailleurs pas à l’entame du 3eme set. Paris continuera donc le
match sans son réceptionneur principal, s’exposant ainsi à des fluctuations dans le jeu
arrière.

Cette 3eme manche commence et montre les limites du jour des parisiens avec
beaucoup de fautes de services. Et cela est conjugué à l’enthousiasme de Romain
Bonon, qui poursuit son excellent match dans tous les secteurs. De belles passes, une
articulation du jeu judicieuse et une activité importante en défense et au bloc (4 au
total). Moulinier et Kadu malgré des ratios moyens à l’attaque, stabilisent le jeu des
locaux. Illac clôt le set 25/22 et mène deux manches à une. Le président Illacais, afféré
depuis le petit matin, semble ravi autour des petits fours servis à ses partenaires
financiers. La ruche arena bourdonne de plaisir. Quelques supporters malicieux envoient
moultes piques amusantes. Mais Dorian Rougeyron lui ne plaisante pas du tout et ne se
fait pas prier alors pour mettre ses troupes face à leurs responsabilités. Discours clair.
Paris repart au combat.
Illac 2 Paris 1.
C’est le moment que choisit le passeur parisien pour relancer son pointu. Et cela
fonctionne. Services, attaques et même défenses, il ne manquera à l’argentin que le fait
de ne pas blocker suffisamment au goût de son coach. Le macédonien aux qualités de
main dignes des plus grands passeurs parisiens, en profite pour mettre sur orbite ses
centraux, Kreek et Lafitte. Ce dernier montant même malicieusement en fixe arrière
alors que Gjorgiev se trouve orienté vers le poste 2 !
En face, c’est au tour des illacais de commettre faute sur faute au service empêchant
ainsi de mettre la pression sur les parisiens. Ces derniers remportent le set et à nouveau,

tous se retrouvent dos à dos. Le tie-break est donc bien au programme comme il était
pressenti avant le match.
Illac 2 Paris 2.
Les joueurs de l’ASI le démarrent en tête (5/3) mais finissent par céder sous les coups de
butoir de Pepe Gonzalez (9/11). Et alors que Illac peut espérer recoller à 11/13,
Moulinier, dont c’était l’anniversaire et qui avait montré jusque-là l’étendue de ses
qualités, manque l’occasion. Et c’est le Paris Volley qui conclut, remportant ainsi le
match et deux points arrachés de haute lutte.
Dorian était inquiet « comme à [mon] habitude, ni plus ni moins » avant le match mais à
le voir soulagé, on se prête à penser qu’il l’était un peu plus qu’à l’accoutumée. Il avait
bien raison car on peut gager que cette équipe d’Illac peut vite intégrer un des
strapontins pour les playoffs. C’est en tout cas ce que le Paris volley semble lui souhaiter
tant les parisiens ont été ravis de l’accueil, eux pourtant habitués des voyages. On
mettrait même une petite pièce sur le fait qu’ils reviennent manger quelques cannelés
au mois d’avril. D’ailleurs, Anisse Guechou ajoutait : “je suis fier de la manière dont on a
joué et du chemin emprunté ainsi que des progrès réalisés et je pense que l’on va
continuer ainsi”.

Le MVP du match aura donc été David Chaudet qui considère « que l’équipe a su trouver
des ressources collectives et que ce match a sûrement créé une dimension d’unité en
tant que « team » car nous avons eu besoin de confiance les uns envers les autres ». A
titre individuel il aura pris chaque moment : « comme un cadeau, une chance de pouvoir
apporter quelque chose à l'équipe et de pouvoir exprimer ce que j’ai appris au sein du
paris volley et notamment contre Anisse, ce qui a validé à la fois le fruit de son travail
lorsqu’il était mon entraîneur au CFC parisien et celui de Dorian qui m’aura fait grandir
depuis tant d’années ».
Dans les milieux bien informés, il se susurre qu’il aurait même pu suggérer à Honma
Ryuta de rester au Japon. C’est une boutade bien évidemment mais en tout cas la
concurrence semble bien lancée.
Et c’est dès jeudi prochain, le 22/11 à 20h salle Charpy, dans le choc de la Ligue B contre
Saint-Nazaire, que cela pourrait se produire. Le Saint-Nazaire Volleyball Atlantique se
présentant comme un candidat à la montée en Ligue A et possédant une force de feu au
service assez impressionnante”.
Mais ce soir, c’est l’autre équipe du littoral atlantique qui est vaincue.
Il est 20h27, le timing escompté dans l’article d’avant match est respecté, et ce sont les
joueurs d’Illac qui ont les abeilles.

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