La Maison du Japon…

23 février 2019

Ce samedi 23 février, le Paris Volley reçoit Martigues dans le choc de la 18ème journée. Et ce match sera marqué de l’empreinte de l’Empire du Soleil Levant. Ainsi, la traditionnelle pause des 10 minutes axée sur le thème permettra surtout de mettre en avant le joueur japonais du club parisien, Honma Ryuta.

Ruyta est le deuxième japonais de l’histoire du Paris Volley après son comparse Taichiro Koga il y a deux ans. Et les deux joueurs évoluent au même poste, ils sont libéros. Partageant la même souplesse ahurissante, ils diffèrent sur leurs qualités tout de même. Si Koga était peut-être plus solide en défense, Honma Ryuta montre depuis le début de la saison une grande stabilité en réception. Et cela associé à Julien Lavagne, cela confère une qualité de side-out extrêmement efficace aux parisiens. Les deux coéquipiers réceptionnant même à deux sur services flottants adverses, ce qui permet à l’autre récep-attaque sur le terrain (Greg Petty ou Danny Poda) d’être plus disponible sur la pipe ou à l’aile si avant.

Honma joue pour la première fois de sa carrière à l’étranger, lui qui évoluait encore l’an dernier au Stings J-Tekt basé à Kariya (entre Tokyo et Osaka). D’ailleurs, dans le fonctionnement nippon, les joueurs des clubs de V-League sont avant tout des salariés des sponsors de chaque club. Et le planning quotidien est bien différent de celui courant en France et surtout pout les non-internationaux. En effet, les joueurs doivent à leur employeur (quel que soit le secteur d’activité) de travailler tous les matins au sein de l’entreprise avant de se diriger vers l’entrainement l’après-midi. Honma, 27 ans, international depuis deux ans, a donc connu depuis seulement l’an dernier le « privilège » du double entraînement quotidien avec généralement une séance d’une heure trente de physique et/ou volley et une autre de 2h30 à 3h l’après-midi.  Arrivé à Paris avec sa femme et sa petite fille Mei, Honma a vite trouvé ses marques au sein du collectif parisien. Toujours affable et enjoué, malgré la barrière de la langue (le japonais ne parlant que peu anglais en début d’année mais ayant largement progressé depuis), le courant passe bien avec ses partenaires comme le décrit Julien Lavagne : « j’aime bien la relation que j’ai avec Honma. Il travaille dur tous les jours, prend ses responsabilités sur le terrain et a réussi à s’intégrer très vite au groupe pour sa première fois à l’étranger. » Et le spécialiste du jeu arrière de préciser : « il essaie de communiquer de plus en plus et apporte une super énergie au groupe ! »

Honma, lui, est heureux de cette expérience à l’étranger. Il indique que son adaptation s’est bien et facilement déroulée. Que sur le quotidien, il n’y a que « le fait que les magasins ne soient pas ouverts 24/24 comme au Japon qui m’a troublé au début ». Mais il s’est fait au « way of life » parisien et notamment il précise qu’il aime « les gens ici et la nourriture bien sûr ». Il semble que sa fille aussi puisque Mei, deux ans, réclame régulièrement sa baguette. Même sa femme s’est facilement acclimatée et elle dit qu’elle aimerait bien continuer de vivre à Paris tout comme Honma qui ne sait pas encore de quoi sera fait son avenir.

Contre Martigues, son rôle de stabilisateur du secteur arrière sera à nouveau essentiel. Les Martégaux sont actuellement troisièmes du championnat et sont notamment les seuls à avoir fait tomber Cambrai, le dauphin des parisiens, à l’aller et au retour. Au match aller, le Paris volley l’avait emporté 3 sets à 1 en laissant échapper bêtement le premier set alors qu’ils menaient 23/19 mais en se reprenant ensuite. Mais Martigues avait montré une solidité assez marquée dans le jeu. En s’appuyant notamment sur la diagonale passeur/pointu composée de Maxime Mourier et du letton Reinis Pekmans. Mais aussi depuis le début de saison, sur les grosses performances d’un ancien parisien (décidément) Will Bersani. Le réceptionneur-attaquant brésilien a déjà fait un beau tour de France des clubs avec notamment un titre de meilleur joueur de Ligue B avec Asnières au moment de la remontée du club francilien en Ligue A (et qui a malheureusement disparu du paysage professionnel depuis, on aura une belle pensée d’ailleurs pour André Patin, le sorcier asnièrois qui aura formé tant de joueurs d’excellence). Dans la foulée, il était donc arrivé au Paris volley en tant que 3ème récep-attaque (derrière la star volante serbe Marko Ivovic et le hollandais Jeroen Trommel) et avait gagné la CEV cup avec Paris et échoué aux portes du titre national perdant en finale (contre qui vous savez et Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom à l’instar de Lord Voldemort). Bersani est solide en réception mais aussi un excellent attaquant doté d’une grosse épaule. Il conviendra aux parisiens d’être solides et disciplinés au contre.

Dans les rangs parisiens, avec l’absence à nouveau de l’arme offensive numéro Uno, Pepe Gonzalez, c’est à nouveau le jeune Lucas Lilembo qui démarrera à la pointe. Mais les parisiens pourraient aussi compter sur les qualités de Kreek ou de Poda pour multiplier les solutions si besoin était. Lilembo avait ainsi rendu une belle copie à Saint-Nazaire la semaine dernière, bien aidé cela dit par l’ensemble des ses partenaires et notamment du passeur macédonien Gjorgi Gjorgiev. La trajectoire de Lucas est en tout cas à mettre au compte de la qualité de la formation parisienne. Le joueur repéré en catégories jeunes à Chevilly-Larue a franchi les étapes à grands pas puisqu’il est passé de la prénat (en plus des M20) à l’Elite (avec laquelle il évolue régulièrement cette année) et enfin à l’équipe professionnelle au sein de laquelle, l’an dernier il a passé un cap phénoménal en moins d’un an. Alors bien sûr, Lilembo s’appuie avant tout sur ses qualités physiques et sa hauteur d’intervention mais les apports de ses formateurs successifs et les conseils de Dorian Rougeyron l’ont fait grandir en tant que joueur. Il devra passer bien des caps à nouveau mais la voie lui est ouverte.

En tout cas, Lucas sait qu’il pourra compter sur son libéro japonais pour venir le soutenir. Honma fera probablement à nouveau partager son énergie au service des ses partenaires et de la performance de l’équipe. Histoire que le Paris volley reste invaincu chez lui comme l’aime à le demander depuis tout temps le coach Rougeyron. Rester maître à la maison en soi, et ce sera la maison du Japon…

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