Comme si de rien n’était…

11 décembre 2018

Au mois d’avril, le Paris volley était à 12/12 au 5 ème set du match aller des ½ finales du championnat de France.

Au mois d’avril, le Paris volley était à 12/12 au 5ème set du match aller des ½ finales du championnat de France. A Chaumont. A la fois proche de la plus haute marche du championnat de Ligue A et en même temps si loin puisque les chaumontais finissaient par l’emporter, puis confirmaient à Paris et finissaient par perdre eux-mêmes en finale contre le Tours VB. Puis la DNACG, cet été, confirmait les sanctions prises envers le club et renvoyait ce dernier en Ligue B, quand le même Tours VB, en 2013, alors rattrapé par le gendarme financier, lui ne prenait que 6 points au classement pour finalement battre le Paris volley en finale (match où les parisiens eurent trois balles de match mais où Nicholas Hoag -futur parisien- et les arbitres en décidèrent autrement). A l’époque, on n’a pas vu les parisiens venir s’épandre sur les réseaux sociaux comme bien des esprits chagrins l’ont fait tout au long de l’année dernière…
Renvoyé en ligue B, le club aurait pu ne pas s’en remettre (comme Poitiers en 2012 ou Beauvais en 2014) mais un tour de table d’investisseurs attachés au sport parisien et plus particulièrement au Paris volley, s’est monté autour de Vladan Jelic, le nouveau président, et Stéphane Antiga, PUCiste de naissance et ancien des grandes heures du club. La salle Charpy continue donc de vibrer depuis le début de saison mais à l’échelon inférieur. Plusieurs joueurs de l’équipe de cette année avaient déjà signé ou re-signé en pensant que le maintien en Ligue A se ferait. Nombreux sont ceux qui ont décidé alors de s’engager quand même afin de faire remonter le club directement. L’affaire ne sera pas simple compte tenu du fait que l’unique montée n’existera que pour le vainqueur des play-offs et que sur une confrontation aller-retour, tout peut arriver. Et d’autant plus lorsque l’on voit la qualité des équipes présentes en Ligue B cette année comme Cambrai, Martigues ou encore Saint-Nazaire dont l’objectif déclaré est l’ascension ! Rennes, il y a trois ans, avait 19 points d’avance sur Nice à la fin de la saison régulière et avait réussi à perdre en finale (en ayant eu des balles de match !!!!) contre ces mêmes niçois déboulant du coup en Ligue A.
Mais cette équipe parisienne présente donc des airs de première division :
Ardo Kreek, considéré depuis des années comme le central le plus offensif du championnat et aujourd’hui véritable leader compte tenu de son investissement sans faille venant s’ajouter à ses immenses qualités de volleyeur.
Franck Lafitte, international ayant participé aux JO de 2012 et vainqueur des championnats d’Europe et de la World League (nouvellement Nations League) en 2013. Franck étant reconnu comme l’un des meilleurs contreurs de Ligue A depuis… bien longtemps.
Pepe Gonzalez, troisième marqueur de Ligue A l’an dernier avec Ajaccio et pointu de l’Argentine depuis de nombreuses années.
Julien Lavagne, stabilisateur de tous les clubs du championnat français dans lesquels il a évolué. Et l’an dernier, propulsé bien souvent dans le 6 de départ parisien aux côtés de Roland Gergye.
Gjorgi Gjorgiev, le passeur, n’a lui jamais joué en France mais est considéré comme un des meilleurs passeurs européens et jouait depuis 2015 au Maliye Piyango ½ finaliste avec lui du relevé championnat turc.
Et on peut y ajouter Alexandre Weyl passé par Rennes (vainqueur de la Coupe de France) et Beauvais, ou encore Greg Petty parti pour une belle saison l’an dernier avec ce même Rennes avant de se blesser trop rapidement.
Alors la question est aujourd’hui : cette équipe aurait-elle sa place en Ligue A ? On peut effectivement se demander quels seraient les résultats avec ces mêmes joueurs au premier échelon du championnat. Et bien ce mardi 11/12, c’est un moyen d’en avoir une idée avec cette opposition qui se profile face à Narbonne, pensionnaire de Ligue A, en 1/8ème de finale de la Coupe de France.
Paris ligue B, Narbonne Ligue A, le club de division inférieure ayant reçu de tout temps et sans la moindre exception, mais comme l’anti-parisianisme de base fait toujours recette, on aura trouvé un moyen de faire se déplacer le club de la capitale (prétextant que l’an dernier, le club était en Ligue A et soi-disant tête de série…) ! Bref, les parisiens sont habitués à ce traitement de faveur de la part du volley français dont l’organe dirigeant semble plus en Touraine qu’à Choisy-Le-Roi. Mais le coach parisien a déjà mis en garde ses joueurs, il ne saurait être question de prendre le fait de se déplacer comme le début d’une excuse au fait d’être en difficulté à Narbonne.
Alors bien sûr, sur un seul match, il est illusoire de donner une image précise de qu’il en serait sur un long et très homogène championnat, mais l’instantané de ce match permettra aux joueurs parisiens de s’étalonner face à une équipe venant, le week-end dernier, de mettre la pression sur le grand Tours (le tvb venant toutefois à bout des centurions en 3 sets).
Et ces Narbonnais alors, que valent-ils cette année ? Effectivement, ils ont poussé Tours dans leurs retranchements samedi dernier mais ils ont concédé leur 8ème défaite en 10 matchs, n’ayant battu que Cannes (dernier de Ligue A) et Tourcoing (10ème). Et l’équipe basée dans l’Aude repose essentiellement sur le massif Baroti, pointu hongrois de son état, ayant trainé ses immenses segments musclés dans le championnat coréen où on aime les colosses sans trop de finesse tapant sur les petits défenseurs locaux soixante dix fois par match. Mais dans un championnat aussi relevé que celui de Ligue A notamment sur les aspects défensifs justement, cela est une autre histoire. Sauf que… Baroti fut capable de coller 29 points aux cannois et a été assez efficace pour finir à 14 points (46% d’efficacité) contre Tours . Alors quelle sera l’humeur de l’attaquant audois demain ? A la passe, c’est un passeur canadien, Byron Keturakis, bataillant avec celui de Saint-Nazaire, pour le prix du meilleur passeur canadien… loin derrière les deux premiers de l’équipe nationale. Bataillant tellement depuis le début de saison que c’est Yoann Jaumel qui est appelé à la rescousse chez les centurions et dont la signature est prévue pour le mercato de janvier. Est-ce de savoir cela qui a soulagé celui en charge de la distribution mais il semblerait que ses dernières sorties soient de meilleure facture. On notera dans l’effectif narbonnais la présence de deux solides acteurs de la Ligue A, à savoir le central Jean-Philippe Sol -considéré comme l’un des meilleurs contreurs du championnat depuis des années- et Ludovic Duée, le puissant libéro, auteur notamment d’une belle saison avec Montpellier l’an dernier. Ces deux là face au local de l’étape, le biterrois Julien Lavagne, ça peut envoyer quelques mots doux à travers le filet… Enfin, les languedociens s’appuient sur l’expérimenté Zanotti, troisième réceptionneur de l’équipe nationale argentine et donc partenaire de Pepe Gonzalez en Nations League et aux championnats du monde cet été.
Côté parisien, Dorian Rougeyron mettait donc en garde ce matin ses joueurs à propos de la manière dont il convenait d’aborder ce match d’autant plus qu’il est à parier que les narbonnais attendent « le Paris volley » et pas simplement une équipe de Ligue B. Ils auront même assurément à cœur d’effacer les nombreuses défaites subies lors des confrontations du passé commun en Ligue A. D’autant plus que le match se jouera dans le fameux Palais du Travail, le chaudron narbonnais au plafond si haut que même Cédric De Chrisostome ne l’atteignait en ½ avant lorsqu’il était pensionnaire du club du massif de la Clape. C’est dire !
En tout cas les joueurs parisiens sont motivés et excités à l’idée de jouer ce match comme le rapporte le maître à jouer du Paris volley, Gjorgi « Gigi » Gjorgiev : « cela va être un match intéressant qui nous permettra de voir ce que l’on donne contre une équipe de Ligue A. Mes équipiers et moi sommes prêts à nous battre et si nous réussissons cela, le match sera agréable à jouer. Et j’espère vraiment que nous en ressortirons vainqueur notamment grâce à ce figthing spirit qui est si important pour nous ».
Ce mardi soir, Paris jouera donc un match contre une équipe de Ligue A comme s’il n’avait jamais quitté le plus haut niveau, comme si de rien n’était…

Vincent

... Article intéressant , même si porté par beaucoup de rancœur sur le "soit disant" antiparis. Pour info Narbonne est, lui passé par un tour préliminaire dans cette coupe de france .... alors qu'il est en LAM .... comme quoi ! Mais très heureux que l'ancien PUC puisse rapidement retrouver les sommets. Bonne fin de saison

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