Apprendre à gagner sans la manière…

10 décembre 2018

Hier soir, le Paris volley a continué sa marche en avant. Neuvième victoire en neuf matchs, la sixième sur le score de 3 sets à 0, un match d’une heure trente minutes, un adversaire ne dépassant pas les
22 points par set (25/21, 25/22, 25/18). Pas de joueur ayant puisé dans ses réserves trois jours avant la coupe de France à Narbonne mardi. Bref, que des indicateurs d’une soirée parfaitement réussie.

A en voir, la tête de Dorian Rougeyron, le coach parisien, et au regard de ses divers temps-morts
pendant le match, on peut se poser la question. Pas tant sur le résultat, qui est le principal objectif
mais sur la manière. L’entraîneur parisien livrait à la fin du match, que la coupe de France de mardi
pouvait être « une explication mais pas une excuse ». On comprendra effectivement que des joueurs
dont bon nombre imaginaient jouer en Ligue A cette année, ont fait de cette coupe de France un
objectif prioritaire au moins en termes de prestige et de palmarès. Et lorsque l’on joue une équipe -a
priori- plus faible sur le papier et que l’on arrive sans la fameuse « inquiétude nécessaire », cela
donne les bases classiques et potentiellement dangereuses d’un match manquant d’intensité,
d’investissement ou de concentration, choisissez le qualificatif qui vous convient. Mais gagné et ça,
cela compte !
Résumé…
Le match commence sur les chapeaux de roue pour les parisiens avec un Ardo Kreek des grands soirs
(13 points avec un ratio de +11 et un 100% à l’attaque) qui démarre avec 3 aces, repeignant ainsi le
taraflex de la salle charpy. Temps-mort pour Loïc Geiler, le coach fréjussien dès 1/5. Greg Petty
enchainait pour amener son équipe au temps-mort technique à 8/2. L’américain est ainsi titulaire
pour la première fois de la saison, un an après son entorse grave du genou ici même à Charlety.
Dorian confiait, d’ailleurs, à Danny Poda avant le match que « ce n’est pas une sanction mais
simplement la nécessité de conserver tout le monde sous pression dans l’effectif » et probablement
de voir enfin ce que le natif de Chicago avait réellement dans le ventre. Le jeune français effectuera
lui de bonnes rentrées au service pendant le match. Il aura surtout prouvé depuis le début de saison
qu’on pouvait compter sur lui techniquement et physiquement (surtout après un été bien chargé
notamment aux estivales de volley sait-on de source sûre). Et c’est surtout mentalement que le
boulonnais d’origine, formé à l’ACBB, aura impressionné. 20 ans et une maturité incroyable, cela se
ressentant sur le terrain mais aussi dans le vestiaire où Danny fait preuve d’un positionnement
exemplaire.
Quelques fautes de service parisiennes obligent Dorian à prendre un temps-mort à 14/11. Mais le
passeur bleu, Gigi Gjorgiev verrouillait la maison au bloc et Paris menait 20/16. Les « side-out »
s’enchaînaient ensuite et Paris remportait ce premier set.
25/21, 1/0 Paris.

Le deuxième set commence sur un rythme étrange pour Paris, et les équipes restent au contact
jusque 12/12. Beaucoup d’approximations notamment en réception (51% de positives dont 40%
d’excellentes seulement à la fin du match) et un manque d’intensité au bloc font sortir Kreek de ses
gonds mettant ainsi en évidence ces limites parisiennes d’un soir. Une belle « shoot » au centre de
Franck Lafitte et Paris mène 16/13. Gonzalez collant un ace ensuite et Paris se détache largement
menant de 5 points. Et à nouveau, les parisiens ne semblent pas en mesure d’assommer leur
adversaire et le coach parisien doit prendre un temps-mort à 21/19. Heureusement, la « Ma[ki]na »
argentine reprend les choses en main à l’attaque et au contre et Kreek finit le travail sur un bloc.

25/22, 2/0 Paris.

Le troisième set est lancé après la pause des 10 minutes pendant laquelle Dorian Rougeyron aura
relevé que même si tout était en place tactiquement et que les joueurs étaient bien concentrés, cela
manquait d’engagement total afin de rendre les actions plus décisives. Le coach parisien ciblait
particulièrement le block, Pierre Vivier et Soane Falafala (les deux réceptionneurs varois) se jouant
régulièrement des mains parisiennes.
Un bloc de Petty, un ace malicieux de Julien Lavagne suivi d’une grande diagonale parfaite, puis un
autre contre de Pepe et Paris démarre à nouveau parfaitement le set. Et fil rouge de ce match, Fréjus
et son fond de jeu impeccable revient mettre la pression. On aura noté les performances vraiment
bien senties de Vivier (remplaçant Raphaël Attié en délicatesse avec son dos) et de Pajic. Les deux
joueurs évoluant sur le même registre avec extrêmement peu de fautes. Paris est contraint à
nouveau de prendre un temps-mort suite aux deux blocks subis par Pepe Gonzalez, Fréjus se
retrouvant à 12/15. Vivier enchaîne deux pipes mais Ardo Kreek répond avec une attaque puissante
au centre de plus. Un ace de Pepe et une première main pleine d’autorité de Gjorgiev et le match se
termine sur une victoire parisienne.
Une victoire, c’est le plus important mais les parisiens vont devoir sacrément élever leur niveau de
jeu pour aller titiller les pensionnaires de Ligue A que sont les centurions narbonnais, en coupe,
mardi.
Une belle cerise sur le gâteau que cette coupe de France et les confrontations aux grosses cylindrées
qu’elle peut proposer. Ça y est, les joueurs parisiens peuvent avoir la tête à ce nouveau challenge !

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