A la fin, c’est le Paris Volley qui gagne

10 avril 2018

Malmené toute la rencontre, le Paris Volley est passé par un trou de souris pour l’emporter au tie-break face à Montpellier (21-25, 28-26, 21-25, 25-22 et 15-13 en 2h26) en quart de finale aller des playoffs de LAM. Rendez-vous maintenant samedi à Montpellier

Comme souvent lors d’un premier match de playoffs, l’enjeu a parfois tué le jeu, l’émotion de ces matches couperets après une saison régulière a pris le pas sur la technique. Mais que cet affrontement entre le Paris Volley et Montpellier fût âpre, rude et intense comme les playoffs savent nous en donner. Que la victoire parisienne a été longue à se dessiner, peut-être même que seul un supporter des Fénix pensait que les joueurs de la capitale allaient revenir dans le jeu au terme d’un 3e set fantomatique des locaux, menés 2 sets à 1 et 13-16 dans le 4e set. A la fin du match, le passeur montpelliérain (et ancien parisien) Davide Saitta s’est demandé comment le Mvuc avait bien pu perdre.
Car tout avait bien commencé pour les hommes d’Olivier Lecat. Delgado sort son premier ballon alors que Jean Patry fait déjà parler sa puissance (1-1) et sa hauteur au smash. Alors que le match commence sur un petit rythme, les temps aux acteurs de se régler, Ardo Kreek envoie un premier ace (6-4) pour réaliser un premier trou face à une équipe languedocienne toujours portée par Patry (6-8). Boum, Mitch Stahl transperce la défense adverse après un premier smash de Wouter Ter Maat remonté mais voilà les Languedociens qui prennent le score sur des fautes parisiennes (9-11) et une réception parisienne moins efficiente. Patry appuie sur l’accélérateur avec une belle série au service bien soutenu par l’ancien parisien Thiago Sens (11-15) avant que Saitta ne blocke durement Ter Maat de sa main gauche (11-16). A l’orée du money time, Roland Gergye permet aux locaux de revenir dans le coup (18-18). Mais Kuklnski touche la mire (19-21) avant un ace de Delgado. Aïe. Montpellier ne flanche pas grâce à des services surpuissants et Ter Maat offre 4 balles de set au Mavuc. Malgré un bon service de Pinheiro, Kaba clôt le set (21-25 en 29 minutes) face à Kreek.
La deuxième manche débute sur le même tempo : Ter Maat répond à Patry mais Montpellier fait la course en tête. Devant Kévin Kaba est aussi au four et au moulin en ralentissant une attaque parisienne et enchaînant un smash (1-4). L’affaire ne s’arrange pas avec un parpaing de Delgado et un ace de Sens (5-8). Face à des Parisiens qui subissent, notamment Kuklinski (6-10), le coach parisien Dorian Rougeyron tente d’amener plus de vitesse et d’agressivité avec Franck Lafitte et Julien Lavagne. Et ça marche. Sur un service de Lavagne, Kreek blocke son compatriote Aganits puis Ter Maat trouve les mains du block héraultais. 9-10 et voici Paris qui revient dans la partie. Aucune des 2 formation ne veut laisser tomber le ballon, Nicolas Rossard en tête, et la défense du libéro parisien permet de maintenir son équipe en vie (11-14). Montpellier mène 12-16 à la seconde pause technique malgré la grosse débauche d’énergie défensive des Parisiens. Au moment où on ne l’attend plus, les joueurs de la capitale reviennent d’abord sur une série au service de Gergye (15-17), sur un rallye conclu par Ter Maat, un nouveau block de Kreek sur Aganits (19-19) et de Lavagne sur Patry. Mais à 22-24 pour les Héraultais, on peut se demander comment Montpellier a perdu le set ?! Gergye monte sur Aganits puis Ter Maat offre une bougie à Sens, après une belle défense sur Patry (24-24). Le pointu montpelliérain conclu dans la foulée un énorme rallye (24-25). Ter Maat égalise sur une nouvelle bougie sur Delgado. Et ce n’est pas fini, Bultor feinte Kreek (25-26) avant de trop croiser son service. Pinheiro sert alors un parpaing qui revient directement sur Ter Maat, le passeur parisien offre ensuite à Kreek l’avantage de donner la première balle de set aux locaux (27-26). Ce sera la bonne. Delgado est freiné, Lavagne est au soutient et Ter Maat conclut d’une belle feinte au-dessus du block (28-26 en 37 minutes).
La tension descend d’un cran avec l’entame du nouveau set. Montpellier prend rapidement le score après des fautes au service parisiennes (2-4) … et les Héraultais ne vont pas lâcher l’avantage de toute la manche (5-8). Les joueurs de la capitale n’arrivent pas à empêcher la machine languedocienne d’avancer malgré la volonté communicative de Lavagne. Les Parisiens font trop de fautes directes (6-11) et Patry ne ralentit pas la cadence tant au service qu’en attaque (10-16). Dans ce set à oublier, les coéquipiers de Nuno Pinheiro vont quand même effacer 3 balles de set à 18-24. Bultor est d’abord trop gourmand en attaquant sous le filet, Lavagne trouve ensuite les mains de Saitta avant que le Biterrois ne blocke Lavagne (21-24). Mais Ter Maat croise trop son smash après une défense miraculeuse de Bultor (21-25 en 28 minutes).
Le début du set commence mal pour Paris avec un block de Patry sur Gergye (0-2). Mais, après un 3e set fantomatique, les joueurs parisiens remettent le bleu de chauffe, de l’envie et de l’agressivité pour ne pas laisser Montpellier garder le score. Un époustouflant Ter Maat permet aux locaux de virer en tête à la pause technique (8-7) avec l’apport de Franck Lafitte au block et le retour en forme de Gergye. Le Mavuc repasse devant grâce à un ace de Sens (13-16) mais les joueurs parisiens vont trouver les ressources pour revenir au score. Ter Maat et une boîte de Lavagne (15-16) suivis de deux aces successifs de Pinheiro (18-17), un contre de Kreek (qui échange des mots avec Bultor) et enfin une faute de Patry (20-18) font chavirer Charpy qui n’y croyait peut-être plus. La dynamique a changé et l’excitation est à son comble. Paris bénéficie de deux erreurs grossières de Bultor qui croise trop puis touche la mire (23-19). Le trou est fait, les hommes de Dorian Rougeyron roulent vers un tie-break qu’ils sont allés chercher avec leur mental plus que leur jeu, ce samedi après-midi. Rapide au centre, Lafitte offre 4 balles de set. Ter Maat prend des risques au service sans être payé en retour avant que Patry n’envoie une bombe (24-22) … puis ne serve dans le filet (25-22 en 34 minutes). Avec ce retour parisien, les mouches ont-elles changé d’âne à l’aube du tie-break ? Il semble que oui. Ter Maat est sur un nuage et la feinte de Sens sort de peu donnant ainsi un léger avantage aux Parisiens (3-1) … avantage qu’il ne vont pas lâcher. Lafitte est à deux doigts, enfin 2 centimètres, de contrer Kaba (4-3) avant que Gergye ne sorte une belle pipe. Delgado dévisse face à l’énorme block composé de Kreek et Ter Maat (8-6). Les Héraultais n’ont plus autant d’assurance et de certitudes après avoir mené 2 sets à 1 et 13-16. Pour une fois Aganits passe Kreek avant la réponse de Gergye (9-7). La différence est toujours à l’avantage des Parisiens alors que s’approche le moment de vérité. Un gros smash de Lafitte, une attaque trop longue de Patry et un ace de Gergye donnent une avance décisive, croit-on, aux locaux (12-10). Non, Montpellier ne s’avoue pas vaincu surtout après deux erreurs parisiennes (12-12). Paris renverse une dernière fois le cours du jeu grâce à une attaque de Lavagne en poste 4 et un block de Stahl sur Kaba (14-12). Patry efface une première balle de match mais la deuxième est la bonne pour Paris qui l’emporte sur un dernier point de Kreek (15-13 en 18 minutes).
Battu au tie-break après avoir tant mené, « Montpellier peut se mordre les doigts » de ne pas avoir gagné la première manche des playoffs à Charpy a titré le quotidien local Midi Libre. « Malgré un match cohérent, le Mvuc n’a pas su plier l’affaire (…) à cause d’un Ter Maat démoniaque et de gros services parisiens » a analysé le journal héraultais.
L’équation est simple maintenant pour les hommes de Dorian Rougeyron. En cas de victoire sur les bords de la Méditerranée, le Paris Volley se qualifiera pour les demi-finales. Sinon, la salle Charpy accueillera une belle le 17 avril. Vive les playoffs !


LE MATCH EN CHIFFRES
29 : les points de Wouter Ter Maat avec 52% de réussite en attaque et +14 d’évaluation. Le pointu montpelliérain Jean Patry est dans le sillage du Néerlandais (29 points, 42% de réussite et +14 d’évaluation). Deux monstres samedi.
13 : les points d’Ardo Kreek dont 4 blocks.

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